Portrait d’écrivain : Colette…

il y a 4 ans
les vrilles de la vigne, Sido, Colette, acrylique, encre de chine, dessin, soluto, lavis, auteure, poesie
Encre de chine sur papier préparé, 21 cm x 29,7 cm, août 2021

Comme le rossignol de la nouvelle qui manqua de mourir ficelé dans les vrilles de la vigne je me suis laissé attraper par la ligne tournée et chantante, sensuelle et raffinée de Colette. J’avais seize ans, j’étais mal dessalé et mon innocence, sans être crasse, trouvait à se désagréger dans ses pages.
Depuis elle ne me laisse pas tranquille toute une année. Arrivent toujours ces heures blanches, que je cherche à rehausser, où mon doigt indécis, courant sur les rayons de mes étagères, la déniche, la soulève et l’emporte.
Elle s’ouvre aux bonnes feuilles, sa féminité m’envahit et les pages prennent une odeur de peau, de blé haché ou de bête têtue.
Voluptueuse et cruelle, incisive ou languissante, elle a la puissance des entêtantes dont on s’éprend éperdument.
Je m’en méfie aussi un peu.

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2 commentaires

    1. Parce que cette tentatrice, toute vraie et sincère qu’elle fût, m’a vampé entre mes 16 et mes 20 ans (elle savait y faire. Sa vie l’atteste. De nos jours on lui ferait des procès en moins de deux). Pendant longtemps, à côté d’elle, tout m’a paru fadouille. Le moindre de ses bonheurs de plume est comme la cigarette qu’on reprend après des années de sevrage. Il vous rappelle vos fragilités. A l’instant où je réponds à ce commentaire j’ai sous les yeux, sur mon bureau, (et ils ne le quittent pas. Parfois j’appuie ma planche à dessin dessus) deux volumes Bouquins (Romans, récits, souvenirs (1900-1919) et ceux de 41 à 49. Pas tout lu, bien évidemment, il y a des milliers de pages). Voilà pourquoi je m’en méfie un peu. La dévotion a ses limites…

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