Deux dessins librement inspirés de l’univers de Chandler…

il y a 7 heures
Crayon 5b, mise en page et moulinage numérique
Crayon 5b, mise en page et moulinage numérique
C'est de la littérature enfumée qui tire à bout touchant. On croise des femmes fatales, des mecs qui titubent. Il y a des coups de Jarnac, des cadavres, des bas de soie, du Jim Beam et des yeux brûlants dans l'ombre des doulos. 
Les nouvelles s'enchainent, des hommes causent. C'est pas limpide, un peu comme quand on prend une converse en route et qu'on peut pas poser de questions. D'un seul coup les marrons pleuvent, un browning est dégainé. On croit comprendre que c'est à cause de deux michetonneuses qui compostent entre des cactus, là-bas, à Ensenada.
C'est drôlement bien, on n'y comprend rien.

Portraits de nuit, Paris Canaille…

il y a 4 semaines
Dessin de nuit, crayon 6b, format A3, texture et virages numériques
A la la der, à la la rien
Rien qu'un gangster à la mie de pain...
(Faut être adroit pour faire carton
La prochaine fois tu s'ras p'têt' bon)

Léo Ferré 1953

Dessin de nuit, crayon 6b, format A3, texture et virages numériques

The Flying Saucers, fantaisie graphique…

il y a 1 mois
Montage numérique dont chaque case et présentée ci-dessous
Bic Cristal Fine, moulinage numérique
Bic Cristal Fine, moulinage numérique
Bic Cristal Fine, moulinage numérique
Bic Cristal Fine, moulinage numérique
Crayon, moulinage numérique
Bic Cristal Fine, moulinage numérique
Bic Cristal Fine, moulinage numérique

Edward Hopper (1882-1967)

il y a 4 mois
Mise en page numérique
Edward Hopper (1882-1967)
Il méprisait l’illustration. Un jour que Jo, sa grinçante épouse, décrivait une de ses toiles pour une télévision américaine, Edward l’interrompit.
— Arrête, tu en fais du Rockwell !
Il détestait l’anecdote, le pittoresque et la petite trouvaille qui pousse au bon sourire. Il ne pouvait pas voir l’idée en peinture. Non, lui, ce qu’il goûtait c’était l’indicible, les sentiments mêlés, la sensation au sens rimbaldien du terme. De sa formation en France, d’ailleurs, il avait ramené une touche impressionniste et une passion pour Verlaine, Rimbaud. Pour Hugo, aussi. Alors ça !
Ses toiles de jeunesse, parisiennes, sont fluides, enlevées, presque jetées. Celles de la maturité sont structurées, pesantes, magistrales, prenantes, hypnotiques. On a beau les avoir trop vues, elles nous arrêtent encore et viennent directement fouiller ce qui en nous se tait et nous étreint.
Les marchands l’ont bien compris, qui le collaient à tout-va sur les couvertures de leurs livres, en misant sur l’effet barnum de sa peinture. Ses images sont un siège rehausseur pour tous les petits auteurs. Il offre, n’est-ce pas, un tel écho à notre sentiment de solitude, à notre condition humaine.
L’illustrateur Rockwell n’illustre plus rien. Il est démodé, encapsulé dans l’âge d’or d’une Amérique qu’on ne cesse de revisiter et de remettre en cause. Le joli a fait long feu. Il vaut pour ce qu'il était. Hopper, lui, n’a pas bougé. La séduction n’était pas son affaire. Toujours nous irons vers ces artistes inflexibles. Ceux qui nous font des mines nous lassent vite.
Crayon, 21 cm x 29 cm, 2026