
Je me souviens, suis-je le seul ? des Glissements progressifs du plaisir.
Première tentative, premier essai, pour un portrait sentimental à l'huile de Michael Lonsdale à venir.
A vrai dire, c'est sa voix que j'aurais aimé peindre.

Quand je ne peux plus m’encadrer, je me portraiture.
Ça me prend tous les deux ou trois ans.
Je suis mon sujet le plus accessible, le plus corvéable, le plus patient, le plus entêté, celui qui ne sera pas déçu, vexé, décontenancé par le résultat.
Je m’interroge, je fouille les plis, les rides, j’examine la fraicheur de l’œil, le plomb de la pupille, le tombé de la lippe, je fais l’inventaire.
La paupière est un drapé, la pommette se noie, la peau pend de chaque côté des plis d’amertume. La lumière pose ses écailles de rose et de Sienne sur le front luisant, la joue bombe ici, se creuse et mollit là. Dans l’ombre du menton sommeillent l’outremer et le vermillon.
Le nez ? Il tourne d’année en année au tarin : le travailler dans sa masse, le modeler, le brosser, le tourner dans la pâte grasse pour le tirer hors du grain de la toile (pour l’ombrer rester maigre, frotter délicatement la terre de Sienne et les bleus corrompus).
Se faire la gueule, se peindre pour se reprendre, pour chasser la complaisance et mesurer la fonte des charmes. Se regarder vieillir, constater la dissolution des traits, l’affirmation des sillons, l’indécision du regard. Sentir de mieux en mieux la cagoule qui s’affaisse et se moule sur le squelette.
Arrivent ces jours où la lucidité vous éclaire mieux que la lumière du jour.
Résister, mourir à soi-même.
Continuer de danser.
C'est pas parce que c'est ma fille, Lou Quevauvillers, qui a réalisé cette Expérience que je la glisse dans mon blog. Mais un peu quand même...
"Zouc pour Zouc" est une missive radiophonique envoyée à Zouc, comédienne suisse extrêmement populaire dans les années 1970-1980. Pourvu que cette Expérience, en forme de déclaration d’amour à son travail, à sa bizarrerie et à son audace parvienne jusqu'à ses oreilles !
Une Expérience de Lou Quevauvillers réalisée par Clémence Gross.
Ci-dessous, deux dessins représentants Zouc, réalisés pour appuyer le podcast.




Edward Hopper (1882-1967)
Il méprisait l’illustration. Un jour que Jo, sa grinçante épouse, décrivait une de ses toiles pour une télévision américaine, Edward l’interrompit.
— Arrête, tu en fais du Rockwell !
Il détestait l’anecdote, le pittoresque et la petite trouvaille qui pousse au bon sourire. Il ne pouvait pas voir l’idée en peinture. Non, lui, ce qu’il goûtait c’était l’indicible, les sentiments mêlés, la sensation au sens rimbaldien du terme. De sa formation en France, d’ailleurs, il avait ramené une touche impressionniste et une passion pour Verlaine, Rimbaud. Pour Hugo, aussi. Alors ça !
Ses toiles de jeunesse, parisiennes, sont fluides, enlevées, presque jetées. Celles de la maturité sont structurées, pesantes, magistrales, prenantes, hypnotiques. On a beau les avoir trop vues, elles nous arrêtent encore et viennent directement fouiller ce qui en nous se tait et nous étreint.
Les marchands l’ont bien compris, qui le collaient à tout-va sur les couvertures de leurs livres, en misant sur l’effet barnum de sa peinture. Ses images sont un siège rehausseur pour tous les petits auteurs. Il offre, n’est-ce pas, un tel écho à notre sentiment de solitude, à notre condition humaine.
L’illustrateur Rockwell n’illustre plus rien. Il est démodé, encapsulé dans l’âge d’or d’une Amérique qu’on ne cesse de revisiter et de remettre en cause. Le joli a fait long feu. Il vaut pour ce qu'il était. Hopper, lui, n’a pas bougé. La séduction n’était pas son affaire. Toujours nous irons vers ces artistes inflexibles. Ceux qui nous font des mines nous lassent vite.


Sous-bockisme vaincra ! Merci à @laurentlolmede
La lutte continue ! Nous en sommes.
Nouvelle SOUS-BOCKS EXPO (Collective) chez Arts Factory à Paris.
27 rue de Charonne 75011 paris | métro : Bastille / Ledru-Rollin
du lundi au samedi : 12h30-19h30
+33 (0)6 22 85 35 86
Vernissage le 20 janvier 2026



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Vernissage le 20 janvier 2026.

