Au hasard

Ton caractère de sciure et de colle se polit à mes coudes, j’aime à te voir pleurer…

il y a 10 ans

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Acrylique sur panneau, 30 cm x 40 cm, décembre 2016

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Détail

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autre détail…

Quelques détails pour ceux qui s’intéressent à la façon, aux glacis, au dessin enfoui sous les couches… Pour ceux qui aiment les mauves et les verts et qui voient dans un visage un paysage, et dans un paysage un jeu de cubes griffé…

Voeux 2023 (qui ressemblent étrangement à ceux de 2017…)

il y a 4 ans
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Mes bons amis,

Cette année 2023 ne sera ni pire, ni meilleure que les précédentes.

Elle charriera son lot de malheurs et de joies mesquines. Nous frémirons de plaisir un jour pour mieux nous morfondre le lendemain. Les circonstances nous bringuebaleront, nous nous convaincrons d’être responsable de nos réussites, tous nos échecs seront la faute à pas de chance, à l’adversité, aux cons qui ne manquent pas et surtout à la réalité qui ne se conforme jamais de bonne grâce à nos désirs.

Des volcans vont péter, des tsunamis vont engloutir, des maladies vont décimer, des petits enfants en Afrique continueront d’être échangés contre du bétail pour aller travailler dans des mines.

Chez nous, sachons nous recentrer, les chauffeurs d’opinions, pour tromper leur ennui, attiseront des rancœurs. Ils débusqueront des scandales et exciteront les bas instincts des naïfs qui pensent de traviole. Le tweet meurtrier et le post définitif n’ont pas fini de sévir. La langue vipérine sera maniée, parfois avec talent, pour que nous avalions mieux les couleuvres.

Les meutes y trouveront leur content. Elles se griseront au bashing, à la louange imbécile. Grondements et jubilations seront garantis derrière les écrans. La vérité sera validée par l’audimat et la raison du plus fort se comptera en millions de vues sur YouTube.

Des oiseaux de mauvais augure passeront tout au hachoir de la désespérance et des ravis de la crèche sèmeront de l’espoir en confetti à pleines poignées. On gobera des foutaises. On s’en remettra toujours, à coups d’illusions, de drogues, de coups tirés, d’excès de travail ou de flemme, de carte bleue…

Parfois nous nous apercevrons dans les miroirs. Nous penserons à nos amours, à nos morts, à nos enfants et, sans trop y croire, aux jours où nous ne serons plus.

Les vœux 2023, à part faire coucou aux poteaux, n’ont aucun intérêt.

Plutôt que de vous laisser malmener par les circonstances, ou berner par la propagande, prenez plutôt de bonnes résolutions : promettez-vous de venir sur mon fil, mon blog, mon site, mes pages.

Au moins pourrez-vous vous y régénérer l’œil avec de la peinture fraîche et des dessins diversement troussés !

La bise aux filles, à tout bientôt, donc…


Ras la seringue…

il y a 10 ans

aquarelle portraits le havre soluto

J’ai commis ce sticker il y a trente ans. J’étais jeune…
Une amie vient de me le renvoyer, je ne l’avais pas oublié. Nous avions à cette époque la gauche vendue et Rocard en ligne de mire. Force est de constater que tout n’a fait qu’empirer, que la santé décline, que la précarité n’émeut personne, que les politicards de tous poils ne se donnent même plus l’apparence de la vertu.
Ma fibre militante, déjà bien lâche à cette époque, ne vibre plus. Je me méfie de mon prochain, de tous ces pauvres qui feraient des riches exécrables, de tous ces assoiffés de vengeances qui ne se remettent pas de tant de maltraitance quotidienne et qui tourneraient allègrement tortionnaires si on leur confiait les manettes. Perplexité donc à l’égard de tous ces privés de paroles qui ne professent que des conneries à longueur de sondage ou de micro-trottoir, qui jouent au loto sportif, qui rêvent à Disneyland et qui se rendent au musée en troupeau parce qu’on a transformé la culture en produit culturel bien emballé. Je vis à l’abri des apôtres du vivre ensemble et du sympa.
Je n’aime pas les gens.

Mais toi, là, qui me lis, toi avec qui je passerais bien un moment si la vie se comportait mieux (ML), toi tout seul privé de tes poteaux, avec tes problèmes d’homme et de mélancolie (LF), ben tu vois, je pourrais rire et pleurer avec toi, batailler et débattre jusqu’à te donner raison sans me sentir flouer, t’écouter et te soigner jusqu’au bout. Je pourrais même, si ça se présentait bien, mieux me bouger les miches pour toi que pour moi-même.

Et ne me remercie pas.
Ce n’est pas drôle de vieillir…

Clap de fin, Bacri à bas bruit est parti…

il y a 6 ans

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Fusain, 21 cm x 21 cm, 18 janvier 2021…

Je ne fais jamais de dessin « à chaud ». Les hommages dessinés sont souvent dérisoires quand ils ne sont pas médiocres. J’en avais bien conscience hier soir mais je n’ai pas voulu réprimer mon élan. C’était une façon de regarder le bonhomme en face, de rentrer dans son regard mat, dans ses joues creusées, ses pommettes saillantes. Il était déjà probablement hanté par la maladie (j’ai fait ce fusain à partir d’une interview vidéo assez récente).
Rarement la disparition d’un acteur ne m’aura autant touché. Celui-là, en dehors des plateaux, ne jouait plus le jeu. Il paraissait vrai, et fragile, et résistant. Mieux, il ramenait dans les films qu’il choisissait cette lucidité impitoyable, ce dessillement qui prenait en compte la dureté du monde. Il la portait, ne s’en accommodait pas, le faisait savoir.
J’ai fouillé son visage, J’ai fini mon dessin, je n’ai rien appris que je ne savais déjà. Il n’y a rien à tirer de l’absurdité du sort. J’enrage contre ce néant qui nous ravale tous les uns après les autres avec indifférence, qui ne prend pas la peine de prolonger l’existence de ceux qui nous réchauffent et qui s’applique à maintenir en piste de vieux salauds qui n’ont pas de raisons d’être. J’enrage, et je suis bien seul à entendre le néant qui ricane.