Eddie Constantine, huile, 30 cm x 40 cm, septembre 2025
Ta voix, tes yeux, tes mains, tes lèvres, Nos silences, nos paroles, La lumière qui s’en va, la lumière qui revient, Un seul sourire pour nous deux, Par besoin de savoir, j’ai vu la nuit créer le jour sans que nous changions d’apparence, Ô bien-aimé de tous et bien-aimé d’un seul, En silence ta bouche a promis d’être heureuse, De loin en loin, ni la haine, De proche en proche, ni l’amour, Par la caresse nous sortons de notre enfance, Je vois de mieux en mieux la forme humaine, Comme un dialogue amoureux, le cœur ne fait qu’une seule bouche Toutes les choses au hasard, tous les mots dits sans y penser, Les sentiments à la dérive, les hommes tournent dans la ville, Le regard, la parole et le fait que je t’aime, Tout est en mouvement, il suffit d’avancer pour vivre, D’aller droit devant soi vers tout ce que l’on aime, J’allais vers toi, j’allais sans fin vers la lumière, Si tu souris, c’est pour mieux m’envahir, Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard.
Paul Éluard retouché par Godard...
Le même, en valeurs de gris…Nous n’en étions pas à notre premier Eddie. L’autre huile, pour mémoire.
Le volume n°76 de la revue ÉCLIPSES, consacré à David Lynch, et pour lequel nous avions réalisé son portrait, est désormais accessible à la commande sur le site www.revue-eclipses.com, au format imprimé ou PDF. On peut consulter le sommaire en ligne. Coordonné par Youri Deschamps, cette revue sera également disponible dans votre librairie préférée dès septembre 2025. Bonne lecture à tous.
Le tableau
David Lynch, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2025, collection privée
Une cuiller d’essence de térébenthine, une goutte d’huile de lin, une noisette de Terre de Sienne brûlée, papier toilé, 30 cm x 40 cm, 2025, en progression … (Voir l’œuvre)
Dans les années 70 mon père achetait chaque semaine un fascicule Alpha « Histoire de l’Art ». Tous les quinze ou vingt numéros, il les reliait en passant dans les agrafes deux lames d’acier qu’il glissait ensuite dans des couvertures cartonnées noires et or. Ces grands livres m’en imposaient. J’étais enfant, je passais des heures, allongé sur mon cosy-corner, à regarder toutes ces reproductions de tableaux. Je ne ratais pas un numéro. Je ne lisais rien mais j’examinais toutes les images. Je mûrissais mon goût pour les fortes femmes en contemplant des Rubens et des Renoir. Ça me distrayait des Fripounet auxquels m’avait abonné une vieille cousine. Un jour j’ai vu Le porteur d’eau de Séville, de Velázquez. Cette toile m’a beaucoup troublé. J’ai immédiatement reconnu un acteur très en vogue à cette époque : Lino Ventura. Je ne m’expliquais pas qu’il puisse être à la fois dans un tableau ancien et dans les pages de Télé Magazine. Il avait beau me paraitre vieux, je sentais bien que quelque chose clochait. Les années ont passé. Ma confusion d’enfant s’est évanouie. J’ai enfoui l’anecdote dans les replis de ma capricieuse cervelle. Jusqu’à ce que l’envie de peindre cette vieille barbouze me prenne.Aux premiers coups de pinceaux le souvenir a ressurgi. Je me suis revu dans ma mansarde, à plat ventre sur mon couvre-lit chenille jaune, confondu par la ressemblance entre le parmense et le sévillan. J’ai souri.
Depuis j’ai vu presque tous les films de l’un et presque toutes les toiles de l’autre. Pourtant, jamais encore je n’avais raccroché les wagons de ce train de souvenirs..
Le Porteur d’eau de Séville, Diego Velázquez, huile sur toile, 106,7 cm x 81cm, 1620
Michel Bouquet, huiles sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Jacques Villeret, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Charles Denner, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Philippe Léotard, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Marcello Mastroianni, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Jean-Louis Trintignant, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Piéral, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024
Huile sur papier, en cours, 30 cm x 40 cm, 2024Sandrine Bonnaire, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024Stéphane Audran, huile sur papier, 21 cm x 29,7 cm, 2024Isabelle Huppert, huile sur papier, 30 cm x 40 cm, 2024
Huile sur papier, avril 2024, à peu près 35 cm x 50 cm
De temps en temps je dessinais un Michel Simon. Maintenant j’en peins. Décidément rien ne s’arrange.
Extraits du portrait de Michel Simon par Paul Guth
« Les autres comédiens appartiennent à la race des hommes. Michel Simon est le survivant d’une espèce disparue. Tous les règnes de la nature, tous les âges de la vie se bousculent dans son corps pour une allégorie des temps préhistoriques.
Le menton, forgé à coups de marteau, lui remonte jusqu’au milieu du visage et semble se démantibuler aux charnières des mots. Ses joues se gonflent en deux ballons de chair entre lesquels s’enfouit le losange de la bouche qui s’ouvre été se ferme en coulissant. Le rire découvre un cercle de dents minuscule, un anneau de Gygès d’ivoire au centre duquel flotte la langue qui écrase ou délivre la parole : source ou bouillie.
Au-dessus du nez de boxeur, cassé, blindé de plaques de chair, règne la grâce. Les yeux admirables, agiles, rieurs, d’un brun sans défaut, s’enchâssent dans des paupières qui peuvent se rabattre en capotes de cuir, dans l’hivernage de l’ennui, ou se relever à fond, pour le comique ou la stupeur. »