Digressions, fantaisies, lavis, plume…
Lou dans le rôle de Clémence K…
La vie recopiée…
Louise Bourgeois, Thomas Fersen, l’association libre…

Louise
Tes lèvres, Louise,
Sont des portes d'église
Où j'entre le matin,
Le chapeau à la main.
Tes lèvres, Louise,
Penses-tu ce qu'elles me disent,
Ou c'est du caraco,
Le rubis d'un mégot?
Après tout, peu importe
Où j'allume ma clope,
Aux premiers feux du jour
Ou aux foudres de l'amour,
Si les miennes se grisent
À tes lèvres, Louise
Sur tes lèvres, Louise,
Les miennes sont assises.
Je ne décolle plus les fesses
De ce banc de messe.
Tes lèvres, Louise,
Crois-tu ce qu'elles me disent,
Ou cette basilique
Est un kiosque à musique?
Après tout peu importe
Où j'allume ma clope,
Si ce n'est pas l'amour,
Ce sont les alentours
Si les miennes se grisent
À tes lèvres, Louise.
Ta lettre, Louise,
Est arrivée tantôt.
De tes lèvres cerise,
Elles portent le sceau.
Tes lèvres, Louise,
Me donnent congé.
Ma rage s'épuise
Sur mes ongles rongés.
Paris te contient
Et je suis jaloux comme un chien.
Je reviens gratter à ta porte.
Tes lèvres sont closes.
Louise, tu m'envoies sur les roses,
Dis-moi quelque chose...
Rien.
Louise je ne veux plus
Que tu passes la nuit
En bas de l'avenue,
Sous un parapluie.
Thomas Fersen
Vrittis, ou les aléas de la pleine conscience (ainsi que quelques mots sur Emmanuel Carrère et son Yoga)…
Avril 2021
J’ai lu Yoga, de Carrère. J’ai bien ri. La pleine conscience est peu de chose comparée à la chimie du cerveau. Un peu de sel vous manque et tout est déréglé. Ce qui m’étonne c’est que cet auteur, que j’admire par ailleurs, soit à son propre sujet si peu clairvoyant et aussi mauvais menteur.
Cosette big close up…
Mais cliquez donc!
Détails du panneau précédemment posté.
Vous, je ne sais pas, mais moi j’aime m’enfoncer dans les couches, les glacis, les accidents, les frottis. Dès que je tombe sur une image bien définie je passe de longs moments à la contempler. Je scrute Vermeer, Velázquez, Rembrandt mieux que je ne pourrais le faire dans un musée. Je vois leurs œuvres, délicatement éclairées, mieux qu’eux-mêmes n’ont pu les admirer.
J’entrevois l’intelligence qu’il leur a fallu pour que vibrent des pigments prisonniers de pâtes, de gels, de vernis, pour que des couches chantent, pour qu’ils aillent où d’autres n’étaient pas allés, pour que leur pratique, leur puissance se substituent à leurs pensées.
J’aime me rappeler que la peinture -celle que j’aime- n’est pas un moyen mais un médium, que son fond et sa forme sont indissociables -comme la couleur et son véhicule-, et que chaque touche porte en elle une part de liberté incompressible qui se rit de toutes nos spéculations oiseuses, de nos livres bavards et des imbéciles qui pensent que tout se vaut.
















