Gare ! On a ressorti les gouges.

Tampon encreur, papier machine, rehauts au stylographe ou aux crayons de couleur.

Tampon encreur, papier machine, rehauts au stylographe ou aux crayons de couleur.
Gare ! On a ressorti les gouges.



Alphonse Boudard (1925-2000) est un auteur rigolo et logorrhéique.
Toute son œuvre sent le vécu, le crachat sanglant, la guerre absurde, l’abominable vie en collectivité, l’hospice, le sana, le foutre, le cachot et la démerde.
Son regard croque, sa plume gratte, pourtant rien ne frotte. Tout est fluide, troussé, captivant. Des tordus, des branques, des fourgues, des brutaux, des cavettes et des escrocs défilent sans jamais lasser. Tous ont un air de vérité incontestable qui dépasse le pittoresque et la caricature.
Parfois la nostalgie s’en mêle. Alors il devient poignant, pudique, redoutable de sobriété. On pense aux belles pages de Mourir d’enfance, quand il évoque sa mère, ou à Mariette, nouvelle qu’on peut lire dans Les enfants de cœur.
On ne trouvera pas dans ses pages de héros ni de salauds essentiels, pas d’autoflagellation ni d’excuses, mais des circonstances, une verve et le fameux désespoir poli qui fait rire.
Ses livres autobiographiques sont les plus beaux.
…
Brins des Lilas
Fleurs de Pantin
Ça fait des tas
De p’tits tapins
Qui font merveille
En tout’saison
Ça fait d’l’oseille
Et s’est si bon
Dédé-la-croix
Bébert d’Anvers
Ça fait des mois
Qu’ils sont au vert
Alors ces dames
S’font un’ raison
A s’font bigames
Et c’est si bon
…
Léo Ferré, début des années soixante…
Merci Aby de vous être prêtée au jeu du portrait…