In extremis, les bons voeux…

il y a 16 ans

acrylique sur toile 130 x 97 cm

Chers tous, amis, artistes,

Pour ne pas trop me distinguer je m’en vais, in extremis et sans précipitation, vous souhaiter bonne cette année 2010… Pourtant… Tous les ans, c’est comme ça… on recommence à l’identique… On forme des vœux, on se veut du bien, on se dit des douceurs roulées dans des sourires… Mais au fond rien ne change…

Livrés aux grossières paluches de la fortune, qui dispose de nous avec une indifférence souveraine, on se prend dans les ratiches, quoi qu’on se soit souhaité, le meilleur et le pire… Les vents sont favorables ? Ça rigole. La tempête faire rage ? On serre les miches, on tente de s’arrimer et on fait gaffe de ne pas basculer à la baille. Presque pire, si la mer est d’huile, jamais content, on pousse des soupirs d’ennui, tout privé que nous sommes du plaisir de nous plaindre…

Alors hein, les bons vœux, pour ce qu’ils ont d’influence sur nos petites vies…

Vous verrez, 2010 aura sa rubrique nécro bien garnie, tout comme les autres années… Ne pas vouloir le voir c’est se mettre une cagoule sur la tronche devant derrière…

Nan, nan, nan… Ce que je nous souhaite, ce n’est pas de passer entre les gouttes (éloignons-nous quand même des gouttières trouées…)  ni d’éviter les coups du sort, bons ou mauvais (la réalité est en fait assez bonne fille, quand elle nuit, c’est toujours sans intention de nuire et quand elle nous comble c’est souvent par inadvertance…)  mais plutôt d’avoir la vigueur et l’énergie pour supporter toutes ces facéties noblement. De triompher des aléas et des vicissitudes  sans qu’ils nous abîment trop (de ça, il ne tient qu’à nous… travaillons à être plus fort…) et d’avoir assez de discernement pour accrocher la queue du bonheur quand il passera (l’air de rien) à côté de nous.

Je nous souhaite la force de la dignité en toutes circonstances…

Et puis surtout, entre deux coups de chaud ou deux coups de mou, n’oubliez pas de venir me visiter sur mes pages… Enfin quoi ! Mes statistiques et moi, on vous réclame !

La grosse bise…

Soluto


(Et toujours, le livre  « Vies à la ligne » disponible chez les meilleurs libraires, et bien sûr sur le site des Rêveurs…)

Scène de la vie moderne n°28…

il y a 16 ans

Il se rapprochait de moi en s’agrippant à la barre de cuivre du zinc. Bientôt nous serions coude à coude. Il louchait maintenant sur mes cacahouètes. C’était un de ces humiliés chroniques qui ne savent pas se taire. Et ça n’a pas manqué, il a dit tout de go en regardant les bouteilles de l’autre côté du bar, à mon adresse mais comme pour lui-même : « Une vie passée à vendre des milliers d’hectolitres de revêtement mural aux propriétés ignifugeantes pour rembourser une maison branlante, où vous avez logé une femme à demie effrayée par tout ce qui bouge, est une vie mal barrée. Ça ne doit plus durer. Il faut rompre cet engrenage, casser la chaîne des causalités, reprendre la main et cesser cette comédie en beauté… » Puis il s’est tourné vers moi avec un sourire inquiétant… « C’est pas vrai ? » qu’il a dit en levant le menton… Je n’ai rien répondu, trop occupé que j’étais à chercher une contenance, mais c’était déjà trop tard. Une demi-heure plus tard j’en savais trop et nous regardions ensemble sur son téléphone portable les photos de sa femme, de sa fille, de sa  maison et de sa maîtresse, gironde, qui venait de le quitter…

Au miroir…

il y a 16 ans

Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C’était au beau milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire

 

Petit Rêveur en casquette bleue…

il y a 16 ans

Donatien

En cliquant sur l’image vous pourrez rentrer dedans, je veux dire dans le grain de la toile et le moelleux des couleurs… C’est pour ceux que la barbouille, en tant que matériau, tout comme moi, toujours épate…

Et puis, suite à une fausse manip’,  j’ai viré Narbé, qui aussitôt m’en a fait le reproche (Hé, Nanard, mets-moi six côtelettes à gauche, c’est Jeanne qui viendra les chercher… Tu les glisses sur l’ardoise, je te les règle vendredi….)


Voilà   donc le retour de Narbé, joyeux boucher!


Au 47 bis de la rue J.J.Rousseau Marion rêvasse ou chante la vie profonde…

il y a 16 ans

La vie profonde

Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
La sève universelle affluer dans ses mains ! Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l’espace ! Sentir, dans son coeur vif, l’air, le feu et le sang
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre.
– S’élever au réel et pencher au mystère,
Être le jour qui monte et l’ombre qui descend. Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l’eau,
Et comme l’aube claire appuyée au coteau
Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

 

  Anna de NOAILLES