Infos Soluto…

il y a 14 ans

Bonjour à toutes et tous,

Voici quelques petites infos….

J’ai mis de nouvelles images sur mon Ultrabook

C’est par ici 

(on peut aussi cliquer sur l’image ci-dessous)

Vincent Van Gogh dessin

Il y a des originaux disponibles à l’Art sur la planche par  

(on peut aussi cliquer sur l’image ci-dessous)

Vincent Van Gogh dessin

Et je participe à cette expo collective de la Villa Perrotte qui commencera dès le 18 novembre 2011

 Vincent Van Gogh dessin

A tout bientôt, ici ou là…

Et au plaisir 

Little Bob dit Petit Robert…

il y a 14 ans

Little Bob Story portrait croquis  

On chaussait nos tiags de contrebande

(à cette époque-là elles tombaient facilement du camion)

On achetait plus ou moins nos biftons d’entrée

On s’entassait dans la Salle Franklin rue Dumé d’Aplemont

C’était moite, ça sentait le vestiaire, le thé

On était chargé jusqu’aux sourcils

On nageait dans la fumée

Nos langues pataugeaient dans de mauvaises bibines

On exposait nos frêles carcasses aux murs d’amplis.

On vibrait de toute notre tripe, à nous en décoller la plèvre

On s’assourdissait tant qu’on pouvait

Quand le concert tardait à commencer on gueulait « Rock’n roll Bordel! »

Les filles avaient de la gueule et des bas troués

La Story rugissait

On était jeune, les rues étaient noires, on était jeune

On collait à l’instant

Quelques uns depuis sont morts violemment

Réjouissons-nous de n’avoir rien oublié

Et d’avoir été là au bon moment, au bon endroit…

Tu t’en iras les pieds devant…

il y a 14 ans

 
Tu t’en iras les pieds devant
Tu t’en iras les pieds devant,
Ainsi que tout ceux de ta race,
Grand homme qu’un souffle terrasse.
Comme le pauvre fou qui passe,
Et sous la lune va rêvant,
De beauté, de gloire éternelle,
Du ciel cherché dans les prunelles,
Au rythme pur des villanelles,
Tu t’en iras les pieds devant. Tu t’en iras les pieds devant,
Duchesse aux titres authentiques,
Catin qui cherches les pratiques,
Orpheline au navrant cantique.
Vous aurez même abri du vent,
Sous la neige, en la terre grise,
Même blason, même chemise,
Console toi fille soumise,
Tu t’en iras les pieds devant. Tu t’en iras les pieds devant,
Oh toi qui mens quand tu te signes,
Maîtresse qui liras ces lignes,
En buvant le vin de mes vignes,
A la santé d’un autre amant,
Brune ou blonde, être dont la grâce,
Sourit comme un masque grimace,
Voici la camarde qui passe.
Tu t’en iras les pieds devant. Tu t’en iras les pieds devant,
Grave docteur qui me dissèques,
Prêtre qui chantes mes obsèques.
Bourgeois, prince des hypothèques,
Riche ou pauvre, ignorant, savant,
Camarade au grand phalanstère,
Vers la justice égalitaire,
Nous aurons tous six pieds de terre.
Tu t’en iras les pieds devant.
Maurice Boukay (1866-1931)
Il arrive parfois qu’une même idée, qu’une même envie donnent quelques dessins qui se ressemblent. On ne s’étonnera pas de trouver des similitudes entre celui-ci et celui de l’avant dernier post…

 

Lézard en forme de petit Mantegna…

il y a 14 ans

 
Lézard
On prend des manières à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aime bien roupiller,
J’peux pas travailler,
Ca m’emmerde. J’en foutrai jamais une secousse,
Même pas dans la rousse
Ni dans rien.
Pendant que l’soir, ej’ fais ma frape,
Ma soeur fait la r’tape,
Et c’est bien. Alle a p’us d’daron, p’us d’daronne,
Alle a plus personne,
Alle a qu’moi. Au lieu de soutenir ses père et mère,
A soutient son frère,
Et puis, quoi ?
Son maquet, c’est mon camarade:
I’ veut bien que j’fade
Avec eux. Aussi, ej’ l’aim’, mon beau-frère Ernesse,
Il est à la r’dresse,
Pour nous deux. Ej’m’occupe jamais du ménage,
Ej’suis libre, ej’ nage
Au dehors,
Ej’vas sous les sapins, aux Buttes,
Là, j’allong’ mes flûtes,
Et j’m’endors. On prend des manières à quinze ans,
Pis on grandit sans
Qu’on les perde :
Ainsi, moi, j’aime bien roupiller,
J’peux pas travailler,
Ca m’emmerde.
   Aristide Bruant

 

Clothilde en carte…

il y a 15 ans

 

Le profil à pointes multiples de ma grande Clothilde ressemble à la carte d’un pays imaginaire.

C’est un territoire asséché, ridé, piqué de taches rousses qui affleurent sous un terreau de poudre meuble. Des talus duveteux, poncés studieusement par des nymphes de salon, sont finement retroussés. Dans les vallées qui serpentent sous la squame flasque et translucide des larmes étirées de toxine botulinique se désagrègent. Le matin, sous ses yeux morts, des poches gorgées de sang décoloré, entre le mauve et la garance, stagnent longtemps avant de se dissoudre. Des épines d’ivoire jauni, ébréchées et renflouées d’amalgames gris perle, s’allongent sous des barrières de coraux qui s’émiettent.

Des lianes de filasse tressée, palies par le soleil amolli du Touquet Paris Plage, sont couchées sur des pavillons tourmentés aux fraîcheurs d’ombres bleues. Le lobe, qui coule sur la joue et s’affaisse, est percé d’un anneau d’or.

Sur sa face interne un prénom passé de mode fini de disparaître.