Entre nous soit dit, interview de Soluto par Mélanie Croubalian sur la RTS…

il y a 8 ans

Hier j’étais l’invité de Melanie Croubalian… Nous avons parlé de mon roman Redites-moi des choses tendres. Et puis, de fil en aiguille, pendant une heure, nous avons évoqué quelques souvenirs d’enfance, des joies et des chagrins d’amour, la peinture, la littérature. Quelques chansons, quelques documents sont venus ponctuer cette conversation. Je remercie vivement Mélanie de sa délicatesse et de la qualité de son écoute…
Le podcast est ci-dessous… Parlons donc d’amour…

paysage, croquis havrais, dessin, grey, soluto

Soluto, écrivain « Redites-moi des choses tendres » Ed. du Rocher

Né en 1961, Soluto est peintre et illustrateur. Un peintre qui revisite la peinture de genre, scène d’intérieur, paysages urbains, panoramas, routes. Il vit au Havre et mène une vie douce, indolente et paisible. Le jour il se claquemure dans son atelier pour peindre, dessiner, lire ses morts préférés ou écrire. À la tombée de la nuit, la tête étourdie de mots et les ongles farcis de couleurs, il sort de son refuge. On le voit alors perdre son temps, entre douleur et délectation, dans les plis du monde ordinaire. « Redites-moi des choses tendres » (Ed. du Rocher) est son premier roman, on lui doit également un recueil de nouvelles, « Glace sans tain » (Ed. Le Dilettante). Découvrez Soluto au micro de Mélanie Croubalian.

House by the railroad ; grimacer les ombres du soir…

il y a 8 ans

paysage, croquis havrais, dessin, grey, soluto

42 cm par 30 cm, Décembre 2017, fusain

A*** Elle

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

Arthur Rimbaud En wagon le 7 octobre 1870

Un jour loin de soi mais plus près de Lalumière…

il y a 8 ans

Un jour loin de soi

Un jour monochrome, mat, plat comme un plat
Sans histoire, ni relief
Sans creux, ni bosse
Sans cri, ni couac
Un jour raide
Qui rebute et qu’on clabaude
Un jour sans faux-plis, ni faux-plat, ni faux-pas
Un triste plat du jour
D’un jour sans appétit, sans estomac,
Sans mordant, sec et dévitaminé, sans saveur,
Ni service complice, ni ferveur qu’on place
Dans rien
Un jour loin de soi
Sans sketch-book, ni bloc-notes, ni bâtons de graphite
Délivré des livres et des brosses
Alangui dans de beaux draps, sans bras blancs de femme
Sans room-service, ni café, ni jus d’orange, ni rideaux rabattus, ni contre-jour
Loin des frôlements de presque, des traitements de textes

Remuer non, rester là, serti d’ennui,
À l’abri des hommes
Éboulé, aboulique

Bailler ballant sans pitch, sans accroche, sans pêche
Petits plats dans l’écran des tablettes aux pétillants pixels
Des plans sans éclats, sans clinquant, s’évaporent
Les heures sans contours, sans attente, s’envasent,
Les appels en souffrance, les notifs et les alarmes désarmées
Les à tu et à toi et tout le tralala se taisent
On songe aux sentiments falsifiés
Sans y croire, sans y cuire, sans s’y fier
Mais aussi aux romans qui mûrissent, rancissent, se décolorent
Aux dessins qu’on avorte par la pensée
A tout ce qui ne sera pas
Saoul de térébenthine, de mots crus, de bruine, d’absence
Coffre-cœur inviolable caché dans un ourlet de chair rouge
On ne pleure, ni ne prie, ni ne plie, ni ne pense
On peine
S’en retourner à soi demain

Soluto, novembre 2017

Le 9 novembre dernier Jean-Claude Lalumière (clic) écrivait le billet que voici sur son blog :

Journal, solitude, invitation et auberge espagnole : Wilkommen, bienvenue, welcome

Chaque soir, ou presque, depuis six mois maintenant, je raconte en dix lignes au moins, parfois vingt, rarement plus, la journée qui vient de s’écouler. Presque chaque soir. Même en ligne, l’exercice reste solitaire. J’ai parfois l’impression de boire tout seul au comptoir. Je suis nostalgique d’une époque où internet n’avait pas encore inventé les blogs et où l’expression y était encore collective, comme avec Antidata, avant que la revue ne deviennent maison d’édition. Pour rompre cet isolement, j’ai décidé d’ouvrir ce blog à des invités, de leur demander de raconter une journée de leur choix, Une journée particulière, inoubliable, ou au contraire banale, comme une autre, une journée imaginaire, rêvée, idéale, de cauchemar, une belle journée, de solitude ou entre ami, une journée à oublier, qui ne mérite pas d’être notée, la dernière, la prochaine, sous le soleil ou sous la pluie, à la mer, à la campagne, une journée de travail, de vacances, de farniente, de shopping, de fête ou même une nuit. A eux de voir. Leurs journées viendront s’ajouter aux miennes, sans contrainte (ils sont libres de produire ce qu’ils veulent : texte court ou long, poésie, chanson, vidéo, photos…) Une sorte d’auberge espagnole, d’atelier d’écriture, de création permanent… (…) https://jclalumiere.blogspot.fr/

Puis il m’invita à y aller de ma journée… Je vous ai donc recopié mon poème, ma participation, ma réponse à l’invitation (sorte d’Invitation au Voyage – sur place – pour ma part)…

Jean-Claude Lalumière et moi avons fait côte à côte une rentrée littéraire, celle de janvier 2013 ; lui avec La Campagne de France et moi avec Glaces sans tain. C’était au Dilettante. Nous avons signé nos services-presse ensemble et même rincé avec le taulier et son équipe une bouteille de rouille qu’il avait apportée.