Petit garçon…

il y a 15 ans


 

 

Alors la grande école ? On lui avait promis la grande aventure. Sa mère l’avait habillé de neuf, il avait (enfin) un cartable, des crayons et un stylo dans une trousse, un carnet à spirale. Tout ça sentait bon. L’impatience le gagnait, Il avait envie d’essayer ce beau matériel, il voulait passer aux choses sérieuses et surtout tout savoir sur tout. A la maison on en parlait beaucoup. Ses parents lui passaient sans cesse la bande annonce de ce qu’il allait faire et  voir là-bas.  Ça ressemblait à une superproduction. Des tonnes de bouquins, des cahiers avec des petites lignes, des leçons à apprendre, des devoirs à faire, peut-être des ordinateurs. Il allait savoir pour de bon ce que voulait dire l’expression « travailler à l’école ». Il en avait l’eau à la bouche. Il était prêt à en découdre pour pénétrer le mystère de la Connaissance. Psychologiquement il était mûr pour affronter les inévitables difficultés qui allaient surgir. Comme disait son père, il avait la niaque ! Il était grand temps de le dégourdir…

 

 

 

 

 


  

Et ça, c’est un vieux dessin au bic quat’ couleurs (2004? 2005? En tout cas, c’était parmi mes premiers dessins Soluto…) retrouvé dans un carnet qui va retrouver son étagère après quelques scans…

 

 

 

 

 

 

 

Des farces à maman…

il y a 15 ans


  

« On l’a vu refaire des farces à maman, lui acheter des fleurs coupées ou des fruits rares, la prendre dans ses bras pour la faire tourner très vite. Plus souvent qu’avant Suzanne et moi nous sommes retrouvé chez Rita…Ils se payaient des petites sorties en tête à tête, cinoche et restau, ou bien spectacle. Le soir il prenait le temps de s’asseoir au bord de notre lit et nous racontait des histoires fantaisistes pour nous faire rigoler. Un jour que nous étions à l’école il a changé tous les meubles de place… »

 

 

Quelques lignes retrouvées dans un carnet pour un texte dont j’avais sans doute le projet, mais dont j’ai perdu le souvenir, pour accompagner le dessin  d’aujourd’hui fait à partir d’une photo de mes parents en 1977…

 

 

 

 

 

 

 

 

Quoi?! Quoi?! Qu’est-ce qu’il dit?! Hein? Quoi?? Il dit quoi?… C’est dingue ça! On comprend ri’n à qu’est-ce qu’i’ dit!!!

il y a 15 ans


  Messieurs Lucien Képol et  Géronte Lefebvre, vendeurs d’avenirs à bas prix pour quelques uns qui n’en veulent pas…

Depuis que son corps devenu parfois embarrassant montre ses trahisons (pas assez beau, trop grand, trop petit, trop gras, peau enflammée et rougissante, pas assez conforme à la tyrannies des canons du moment), depuis que ses désirs, liés à sa sexuation, le contraignent à chercher de quoi se satisfaire dans une rencontre  toujours périlleuse avec l’autre, depuis qu’il sait que l’enfance, dont il est encore pleinement habité, est révolue, depuis qu’il accède au sentiment de finitude (que ce qui est aujourd’hui peut ne plus être demain), depuis qu’il a accès à une pensée douée d’abstraction et depuis que l’insécurité ambiante complète comme un écho ses propres questionnements existentiels (discours critique sur son orientation scolaire, sur ses performances, sur son projet professionnel et sur un avenir par définition incertain), le jeune sait trop bien que le monde des adultes, vers lequel il tend inexorablement, n’est pas la promesse d’épanouissement que voudraient bien lui vendre ses parents qui n’y croient plus beaucoup — ni non plus d’ailleurs la société toute entière qui l’attend et le redoute. En quelque sorte on ne lui refera pas le coup du père Noël…

A ses yeux, bien souvent, il n’y a plus vraiment de cadeaux à venir.


Renée…

il y a 15 ans


Grande, forte, teinte en acajou, les yeux soulignés de poches, c’était Renée, la doyenne de l’endroit. Ses lèvres, charnues et rouges, accentuaient la blancheur de sa denture puissante et remarquablement plantée. Elle portait une robe étroite, fendue sur le côté, qui se tendait sous la poussée des fesses.

 

Pierre V. Lesou (Coeur de Hareng  – 1958)


Petites gens…

il y a 15 ans

Acrylique sur Toile, plus grand que nature (détail de la toile  de couverture du catalogue des Rêveurs 2010)  

Terre de sienne naturelle, terre de Sienne brûlée, bleu de Prusse, Vermillon, vert de vessie, blanc parchemin, rose Alizarin Crimson, blanc de titane…  Le tout sur un fond Farrow& Ball Matchstick émulsion mate sur toile synthétique…

Palette Buster…

il y a 15 ans

Acrylique sur papier  un peu plus grand que nature (détail d’une illustratrion)   2011

Terre de sienne naturelle, terre de Sienne brûlée, gris de Payne, bleu de Prusse, Outremer (teinte verte…) Vermillon, vert Viridian, blanc parchemin, blanc de titane…  Le tout sur un fond Farrow& Ball Matchstick émulsion mate sur papier Canson…