Huile sur toile, 30 cm x 40 cm, août & sept 2016
Mettre le pied sur la queue du rongeur…
Tous les hommes sont des exceptions à une règle qui n’existe pas.
…
Être poète n’est pas une ambition que j’aie,
c’est ma manière à moi d’être seul.
…
La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas
et que je donne aux choses en échange du plaisir qu’elles me donnent.
…
Je ne suis rien.
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.
…
Nous avons tous deux vies :
la vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard ;
la fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres,
qui est la pratique, l’utile,
celle où l’on finit par nous mettre au cercueil
Citations et fragment de poèmes de Fernando Pessoa
Enfant, déjà lassé de Sylvie Vartan, effrayé par Sheila, tout affolé par les sautillantes Clodettes dont la plus noire d’entre elles me tourneboulait, je trouvais le repos en rêvant de Stéphane Audran que j’avais vu à la télé dans La Femme Infidèle. Plus tard j’aperçus dans les coulisses du Mystific la jolie Jeanne en tenue légère. Comme je lui trouvais un air de ressemblance avec l’une de mes jeunes tantes mon plaisir fut dans un premier temps étouffé.
Par chance je la retrouvai quelques années plus tard magistrale, veuve et tueuse dans un film de Truffaut. Je décidai alors de l’aimer pour la vie.
Pour l’instant je tiens parole. J’attends qu’elle me déçoive.
Heureusement tout de même que je ne lui avais pas promis l’exclusivité.
J’ai commis ce sticker il y a trente ans. J’étais jeune…
Une amie vient de me le renvoyer, je ne l’avais pas oublié. Nous avions à cette époque la gauche vendue et Rocard en ligne de mire. Force est de constater que tout n’a fait qu’empirer, que la santé décline, que la précarité n’émeut personne, que les politicards de tous poils ne se donnent même plus l’apparence de la vertu.
Ma fibre militante, déjà bien lâche à cette époque, ne vibre plus. Je me méfie de mon prochain, de tous ces pauvres qui feraient des riches exécrables, de tous ces assoiffés de vengeances qui ne se remettent pas de tant de maltraitance quotidienne et qui tourneraient allègrement tortionnaires si on leur confiait les manettes. Perplexité donc à l’égard de tous ces privés de paroles qui ne professent que des conneries à longueur de sondage ou de micro-trottoir, qui jouent au loto sportif, qui rêvent à Disneyland et qui se rendent au musée en troupeau parce qu’on a transformé la culture en produit culturel bien emballé. Je vis à l’abri des apôtres du vivre ensemble et du sympa.
Je n’aime pas les gens.
Mais toi, là, qui me lis, toi avec qui je passerais bien un moment si la vie se comportait mieux (ML), toi tout seul privé de tes poteaux, avec tes problèmes d’homme et de mélancolie (LF), ben tu vois, je pourrais rire et pleurer avec toi, batailler et débattre jusqu’à te donner raison sans me sentir flouer, t’écouter et te soigner jusqu’au bout. Je pourrais même, si ça se présentait bien, mieux me bouger les miches pour toi que pour moi-même.
Et ne me remercie pas.
Ce n’est pas drôle de vieillir…