Paf et Pafpaf à la Villa Perrotte…

il y a 14 ans

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Ces deux-là sont la hantise de l’art contemporain. Ils font la pluie et le beau-temps. Quand ils se penchent sur une œuvre le marché s’emballe. S’ils s’en détournent les sourires se figent. Alors Bâle, Tokyo, Paris, Bruxelles, Los Angeles et même Cancale la tranquille se mettent à trembler.

A l’heure où je vous écris des marchands d’art du monde entier retiennent leur souffle.

Malgré leur tenue camouflage (que ce croquis a pu saisir) on les a reconnus ! Rien ne sera plus jamais comme avant…

Paf et Pafpaf ont posé leur jet privé dans un herbage de Veules les Roses. Par la route, en Katrelle, ils sont arrivés discrètement dans la cité des ivoiriers. Ils ont mangé des moules sur le quai du Carénage et les auraient trouvées bonnes (c’est vous dire dans quelles dispositions sont ces deux flèches).

Les observateurs sont catégoriques. Ils passeront ce week-end à la Villa Perrotte. Ne laissez pas ce lieu courageux se faire dépouiller par ces spéculateurs sans scrupule ! Achetez les dernières toiles pendant qu’il en est encore temps. Dimanche soir il sera trop tard.

Sacrifiez les études de vos enfants, renoncez à vos futiles vacances, revendez vos posters dédicacés, pillez votre belle-mère… Faites vite…

Avant que ne soient dispatchées aux quatre coins du monde ces tableaux, agissez !

 

Exposition Soluto à la Villa Perrotte

Du 26 avril au 24 juin 2012

 

 

Georges et Pascaline s’interrogent…

il y a 14 ans

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   Bon ! Alors mon bouchon, on y va oui ou non ?! Tu sais bien qu’on n’a plus que jusqu’au 24 juin pour aller voir cette exposition ! Ce serait ballot de rater l’occase !

   T’as raison, d’autant que ce n’est pas souvent qu’il accroche sa peinture dans la région le Soluto…  Oui, mais Mirza ?

   Ah oui, mince, Mirza…

 

 

Mes bons amis, n’ayez crainte, à la Villa Perrotte notre ami l’animal

a le droit lui aussi de s’ouvrir à la peinture contemporaine !

Le meilleur accueil, ainsi qu’à vous-même, lui sera réservé…

 

 

  Ouf ! nous sommes bien soulagés ! Entends-tu ma Mirza ?

 

  Mirzaaa ?

   Laisse là tranquille voyons ! quand elle remue la queue comme ça, c’est qu’elle rêve déjà aux belles compositions de l’artiste, à sa palette vibrante, à sa touche vigoureuse et sensuelle…

  Tu crois ?

  Certaine !!! Fais chauffer le Kangoo…

 

Exposition Soluto à la Villa Perrotte

Du 26 avril au 24 juin 2012

 

 

Première soirée…

il y a 14 ans

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(Toujours extrait de la même toile à venir… Quel suspens!)

Première soirée

Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près. Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins. Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, – mouche au rosier. Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal. Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent :  » Veux-tu finir ! « 
La première audace permise,
Le rire feignait de punir ! Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
Elle jeta sa tête mièvre
En arrière :  » Oh ! C’est encor mieux !… Monsieur, j’ai deux mots à te dire… « 
Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien… Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

 

 

 

   Arthur Rimbaud

Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer…

il y a 14 ans

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(Toujours extrait de la même toile à venir… Quel suspens!)

Elle est gaie et pensive ; elle nous fait songer
À tout ce qui reluit malgré de sombres voiles,
Aux bois pleins de rayons, aux nuits pleines d’étoiles.
L’esprit en la voyant s’en va je ne sais où.
Elle a tout ce qui peut rendre un pauvre homme fou.
Tantôt c’est un enfant, tantôt c’est une reine.
Hélas ! Quelle beauté radieuse et sereine !
Elle a de fiers dédains, de charmantes faveurs,
Un regard doux et bleu sous de longs cils rêveurs,
L’innocence, et l’amour qui sans tristesse encore
Flotte empreint sur son front comme une vague aurore,
Et puis je ne sais quoi de calme et de vainqueur !
Et le ciel dans ses yeux met l’enfer dans mon cœur !

 

   Victor Hugo

 

 
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