
Huile sur toile 24 cm x 30 cm
Quand je comprends qu’il est bien tard, que les années qu’il me reste n’en finiront plus de se jeter sur moi pour mieux m’éviter, que je sens les regrets sédimenter au fond de mon cœur, je ne suis bien que là, arrimé à ma chaise, sur mon tapis de bambou, à distance de mon chevalet d’un demi bras.
Cinq litres de white spirit en bidon sous la main gauche, mes couleurs dans leurs bacs sous la droite, l’essence et l’huile dans leurs godets, les pinceaux en bouquet dans leurs pots, le front sous la lampe et ma palette chargée sur mes genoux j’attends.
Je me débarrasse du monde comme il se débarrasse de moi.
C’est un processus, pas même une fiction.
L’impensé, à coups de lignes et de masses, s’ordonne, trouve sa cohérence, se dévoile. C’est un mouvement inquiet qui cherche son apaisement par un saisissement. Je ne veux rien sinon glisser hors de moi, guidé confusément par la vibration des couleurs, par l’ivresse d’un geste délié, d’un trait retenu. Je suis dans la pâte que j’écrase sur la trame de la toile, dans la soie du pinceau, dans la main qui porte mon désir, dans l’image qui émerge.
Je me plais là, infiniment paisible, en retrait des pensées, à camper à l’abri des mots, baigné dans la sensation intense d’être au bon endroit, au bon moment.
Ailleurs je perds mon temps.
Joyeux et plein de lumière. Plus le jeu du chat que la fuite éperdue de la proie. Comme d’habitude beaucoup de métier.
Si ce n’est pas un secret, alors pardonnez mon indiscrétion et passez outre, comment capturez-vous les images de vos tableaux, appareil photo, lumière naturelle ou éclairage ? scanner ? Faute de peindre aussi bien que vous, je suis toujours mécontent du rendu de mes photos.
Salutations amicales
Merci de votre passage cher Luc et de votre commentaire.
Pour ce qui est de la prise de vue elle est faite avec un vieux Canon numérique (550d) en raw, le tableau sur le chevalet dans l’atelier, avec un mix de lumière naturelle et de lumière artificielle (reproduisant la lumière naturelle). L’idéal serait de prendre les photos par temps neutre, à l’extérieur, avec une balance des blancs manuelle. Je recadre le cliché en post production, vérifie l’homothétie, et rééquilibre les niveaux (contraste, netteté, chaleur de lumière…) et je soigne la compression. Pour les dessins de petits formats c’est avec le scanner que je travaille mes reproductions, et c’est parfois plus difficile car le néon écrase tout. Voilà, j’espère vous avoir suffisamment répondu, la suite en message privé si nécessaire.
Belle fin de semaine à vous.
Merci pour ces infos. Finalement, je procède un peu comme vous, sauf que je ne modifie pas les niveaux par peur de ne pas être fidèle à la réalité. La lumière rezéenne ne doit pas avoir la qualité de celle du Havre, il faudrait que je change de cieux.
Bien à vous.
Joli mouvement…
Sûr, on a envie de l’attraper… 😉
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J’y travaille mais elle fait de grandes enjambées… A tout bientôt Célestine…
Ne la montrez pas à ces messieurs, elle est en si bonne main, si je puis dire.
Florent
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que je ne l’attraperai pas par la queue… A bientôt Florent…
Un petit signe en passant…histoire d’être sûre que vous êtes vivant…
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Plaisir de vous retrouver chère Célestine… Me revoilou… A très bientôt (et hop je file sur votre page que je n’ai pas visitée depuis un bon moment…)