Stylo sur bloc, mise en couleur numérique, 2015
Toujours les mêmes bons conseils, plein de bienpensantes intentions, de reproches déguisés, de préjugés… Chacun est sûr de son jugement, moi je ne sais jamais rien… Je joue les fanfarons, les insaisissables, je consigne à peine… Aujourd’hui j’ai recueilli de sombres confidences. Histoire d’un drôle de viol… Celle-là, treize ans, ne voulait pas mais voulait bien quand même ! Il la tenait mais elle était sur lui. On la croyait à la danse, elle était dans un appartement au milieu d’un enfer ordinaire. Elle dit qu’on ne l’a pas violée puisqu’il l’a raccompagnée à l’arrêt de bus. Il l’a raccompagnée pour en finir : « tu comprends, avec la réputation que t’as ! » Faut reconnaître, me dit-elle en douce, que je tombe facilement amoureuse. Pour montrer ses sentiments elle se photographie les seins. Les garçons rigolent, surveillent sa croissance. Au collège il y a une collection de ses roberts dans tous les Smartphones d’adolescent que le travail pubertaire énerve… Je l’ai écoutée. Elle s’est mise à pleurer. Ça m’a mis dedans ! Trois quart d’heure de retard… Heureusement Caudèle est bonne pâte. Il m’a attendu sans broncher dans la salle d’attente. Pfff Caudèle… Quoi de neuf ? lui demandé-je… Que du huit me répond-il… Puis il enchaine : mon père a recommencé à se bourrer la gueule, ma mère s’est recassée, avec ma sœur on s’enferme jusqu’à ce qu’il s’endorme. Il a pété tous les volets, toutes les fenêtres… Sinon ça va, j’ai un appareil pour moins pisser au lit… Il me parle un peu de ses scores à GTA. Il explose tout ! Bon, bon, bon…
(Extrait d’un de mes carnet. Août 2009)










Vous avez une vie aventureuse du plus bel effet…
Qu’est devenue votre Lolita, six ans après? 😉
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A vrai dire, je n’en sais rien… Il est probable qu’elle aura continué comme elle a commencé. A guetter des regards, à quêter de l’amour, à croire qu’on retient mieux les garçons en leur disant oui qu’en leur disant non… La force des vraies Lolita c’est de tenir le monde qui gravite autour d’elles en respect, d’en avoir la prescience, d’user instinctivement de ses codes. Il faut feindre l’innocence pour l’enfreindre à plaisir. Dans son cas, mais rien n’est jamais tout à fait joué, elle s’apprêtait surtout à n’être qu’un lieu de passage, un souvenir sans consistance, une image pâlie d’avance et peut-être même un peu honteuse. Tout à fait le genre à passer par les trous du panier percé de la mémoire. Bien à vous Célestine.
(Et oui, j’ai une vie passionnante que je dois réduire au silence. Secret oblige…)
GTA, je ne savais pas de quoi il s’agissait. Internet m’a donné la réponse et ça colle mieux à la situation. Quoique. J’avais d’abord cru que comme son père, il battait des records en gamma GT. Boire ou conduire …
Dans GTA on peut conduire beurré ou enfumé… Pas de problèmes… C’est même encore plus rigolo quand on explose les tronches des cops qui radinent ! Bien à vous Luc… Et au plaisir. (Sur ce je vais aller me promener chez vous, il y a un moment que je n’y suis pas allé…)