La page du catalogue des Rêveurs qui annonce la collection « On verra bien« …(où l’on retrouve les excellents Larcenet, Lizano, Carlos et Lucas Nine, Golo, Cazanave…) Ma page chez Les Rêveurs
La page du catalogue des Rêveurs qui annonce la collection « On verra bien« …

«Ce serait un moindre mal de mourir si l’on pouvait tenir pour assuré qu’on a du moins vécu.»
[Clément Rosset] – Le Réel et son double
Des fois j’en cause avec mon gars, qui me regarde alors avec des yeux ronds… Pour lui, pas de problème, la réalité du monde, il en est la preuve vivante… Moi, je suis plus dubitatif… Qu’on vienne me prouver que j’existe ! Que tout ce qui parait être n’est pas que la mise en scène d’un faux cerveau déréglé qui s’invente en continu (Et c’est pas René Desbrèmes qui pourrait oser me dire le contraire ! Il serait culotté ! Parce que sa soluce, à lui, son dieu organisateur qui vient boucher le grand trou vacant et sa preuve ontologique à deux balles, elle me parait un tantinet artificielle, si j’peux m’permettre !…)… Parfois, quand elle fait ses comptes-rendus, j’enquiquine Moly avec mes interrogations rigolardes (car tout ça ne me rend pas triste… Au contraire !… Manquerait plus que ça, de n’être pas et de se prendre au sérieux…) Elle essaie alors de me faire taire en sous-entendant que je me fais du mal (tu parles…) Mais j’insiste en espérant la troubler un peu (je ne prends pas de gros risques, elle est du lot des bienheureux qui ne doutent de rien et qui se déplacent dans un monde de certitudes…) Je suis comme ça…
Taquin et content de moi…
Pourquoi me lancé-je sur mon grand sujet secret et vous en entretiens-je ? Parce que c’est la fin de l’année, que ça me travaille la substance en délicatesse et que j’aime bien, en guise de cadeaux, partager mes questions…
Et en plus, pas vache, comme le sujet de mon post est épineux, vous êtes dispensés du ménage et des commentaires (laissez seulement les clés dans la boite en partant et venez me claquer un bécot sur facebook… ça suffira comme ça)!
acrylique sur toile 130 x 97 cmChers tous, amis, artistes,
Pour ne pas trop me distinguer je m’en vais, in extremis et sans précipitation, vous souhaiter bonne cette année 2010… Pourtant… Tous les ans, c’est comme ça… on recommence à l’identique… On forme des vœux, on se veut du bien, on se dit des douceurs roulées dans des sourires… Mais au fond rien ne change…
Livrés aux grossières paluches de la fortune, qui dispose de nous avec une indifférence souveraine, on se prend dans les ratiches, quoi qu’on se soit souhaité, le meilleur et le pire… Les vents sont favorables ? Ça rigole. La tempête faire rage ? On serre les miches, on tente de s’arrimer et on fait gaffe de ne pas basculer à la baille. Presque pire, si la mer est d’huile, jamais content, on pousse des soupirs d’ennui, tout privé que nous sommes du plaisir de nous plaindre…
Alors hein, les bons vœux, pour ce qu’ils ont d’influence sur nos petites vies…
Vous verrez, 2010 aura sa rubrique nécro bien garnie, tout comme les autres années… Ne pas vouloir le voir c’est se mettre une cagoule sur la tronche devant derrière…
Nan, nan, nan… Ce que je nous souhaite, ce n’est pas de passer entre les gouttes (éloignons-nous quand même des gouttières trouées…) ni d’éviter les coups du sort, bons ou mauvais (la réalité est en fait assez bonne fille, quand elle nuit, c’est toujours sans intention de nuire et quand elle nous comble c’est souvent par inadvertance…) mais plutôt d’avoir la vigueur et l’énergie pour supporter toutes ces facéties noblement. De triompher des aléas et des vicissitudes sans qu’ils nous abîment trop (de ça, il ne tient qu’à nous… travaillons à être plus fort…) et d’avoir assez de discernement pour accrocher la queue du bonheur quand il passera (l’air de rien) à côté de nous.
Je nous souhaite la force de la dignité en toutes circonstances…
Et puis surtout, entre deux coups de chaud ou deux coups de mou, n’oubliez pas de venir me visiter sur mes pages… Enfin quoi ! Mes statistiques et moi, on vous réclame !
La grosse bise…
Soluto

Il se rapprochait de moi en s’agrippant à la barre de cuivre du zinc. Bientôt nous serions coude à coude. Il louchait maintenant sur mes cacahouètes. C’était un de ces humiliés chroniques qui ne savent pas se taire. Et ça n’a pas manqué, il a dit tout de go en regardant les bouteilles de l’autre côté du bar, à mon adresse mais comme pour lui-même : « Une vie passée à vendre des milliers d’hectolitres de revêtement mural aux propriétés ignifugeantes pour rembourser une maison branlante, où vous avez logé une femme à demie effrayée par tout ce qui bouge, est une vie mal barrée. Ça ne doit plus durer. Il faut rompre cet engrenage, casser la chaîne des causalités, reprendre la main et cesser cette comédie en beauté… » Puis il s’est tourné vers moi avec un sourire inquiétant… « C’est pas vrai ? » qu’il a dit en levant le menton… Je n’ai rien répondu, trop occupé que j’étais à chercher une contenance, mais c’était déjà trop tard. Une demi-heure plus tard j’en savais trop et nous regardions ensemble sur son téléphone portable les photos de sa femme, de sa fille, de sa maison et de sa maîtresse, gironde, qui venait de le quitter…

En cliquant sur l’image vous pourrez rentrer dedans, je veux dire dans le grain de la toile et le moelleux des couleurs… C’est pour ceux que la barbouille, en tant que matériau, tout comme moi, toujours épate…
