Quoi?! Quoi?! Qu’est-ce qu’il dit?! Hein? Quoi?? Il dit quoi?… C’est dingue ça! On comprend ri’n à qu’est-ce qu’i’ dit!!!

il y a 15 ans


  Messieurs Lucien Képol et  Géronte Lefebvre, vendeurs d’avenirs à bas prix pour quelques uns qui n’en veulent pas…

Depuis que son corps devenu parfois embarrassant montre ses trahisons (pas assez beau, trop grand, trop petit, trop gras, peau enflammée et rougissante, pas assez conforme à la tyrannies des canons du moment), depuis que ses désirs, liés à sa sexuation, le contraignent à chercher de quoi se satisfaire dans une rencontre  toujours périlleuse avec l’autre, depuis qu’il sait que l’enfance, dont il est encore pleinement habité, est révolue, depuis qu’il accède au sentiment de finitude (que ce qui est aujourd’hui peut ne plus être demain), depuis qu’il a accès à une pensée douée d’abstraction et depuis que l’insécurité ambiante complète comme un écho ses propres questionnements existentiels (discours critique sur son orientation scolaire, sur ses performances, sur son projet professionnel et sur un avenir par définition incertain), le jeune sait trop bien que le monde des adultes, vers lequel il tend inexorablement, n’est pas la promesse d’épanouissement que voudraient bien lui vendre ses parents qui n’y croient plus beaucoup — ni non plus d’ailleurs la société toute entière qui l’attend et le redoute. En quelque sorte on ne lui refera pas le coup du père Noël…

A ses yeux, bien souvent, il n’y a plus vraiment de cadeaux à venir.


Renée…

il y a 15 ans


Grande, forte, teinte en acajou, les yeux soulignés de poches, c’était Renée, la doyenne de l’endroit. Ses lèvres, charnues et rouges, accentuaient la blancheur de sa denture puissante et remarquablement plantée. Elle portait une robe étroite, fendue sur le côté, qui se tendait sous la poussée des fesses.

 

Pierre V. Lesou (Coeur de Hareng  – 1958)


Petites gens…

il y a 15 ans

Acrylique sur Toile, plus grand que nature (détail de la toile  de couverture du catalogue des Rêveurs 2010)  

Terre de sienne naturelle, terre de Sienne brûlée, bleu de Prusse, Vermillon, vert de vessie, blanc parchemin, rose Alizarin Crimson, blanc de titane…  Le tout sur un fond Farrow& Ball Matchstick émulsion mate sur toile synthétique…

Palette Buster…

il y a 15 ans

Acrylique sur papier  un peu plus grand que nature (détail d’une illustratrion)   2011

Terre de sienne naturelle, terre de Sienne brûlée, gris de Payne, bleu de Prusse, Outremer (teinte verte…) Vermillon, vert Viridian, blanc parchemin, blanc de titane…  Le tout sur un fond Farrow& Ball Matchstick émulsion mate sur papier Canson…

Washington, le plus grand de mes frères…

il y a 15 ans

Acrylique sur papier   à peu près grandeur nature (détail d’une grande pièce)   2011

Sur la palette de verre coulent des rinçures incertaines… 

Des gris opalescents s’étalent, des bleus de cobalt sèchent et deviennent paillettes…

De grosses noisettes  de gloss varnish sont corrompues par un filet de vermillon…

Des soies de porc mal lavées et des poils de martre qui ne refont la pointe qu’entre mes lèvres pincées vont sans cesse cueillir la couleur…

Parfois le sillon de ma langue devient un peu jaune, ou rose, ou vert…

 

Benny Goodman boit un jus amer avec moi…

 

Un carreau de chocolat aux noisettes…

 

Une vie en or, je vous dis…

Chuchotti-chuchotta

il y a 15 ans


Voici un beau tango-duo.
C’est une histoire assez malheureuse entre Lui et Elle.
Parce que Lui il est frivole, et Elle, Elle s’en était bien aperçue qu’il était frivole.
Mais, comme lui, au fond, Il est malheureux d’êtr’ frivole, Il veut lui expliquer;
Mais Elle, ell’ comprend pas parce qu’elle est sourde. Alors elle lui dit toujours :
« Qu’est-ce que tu dis ? »
Et c’est pour ça qu’c’est difficile car il faut que je fasse à la fois la voix de Lui et la voix d’Elle…
Mais j’vais le faire quand même parce que quand on est artiste, il faut faire tous les genres… J’ai vu tes yeux de braise
Au pied d’une meule de foin.
Tu revenais des fraises
Et moi d’l’herbe aux lapins.
Je t’ai dis « il fait chaud ».
Tu m’répondis « Pour sûr ».
Tu m’en avais dit trop.
Ça m’a fait une morsure. Pour sûr
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
J’t’ai pas offert de fleurs,
Pour sûr
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Mais j’t’ai montré mon coeur.
Tu l’as pris dans tes p’tites mains légères
Comme un p’tit papillon de Bruyère,
Pour sûr.
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Tu l’as pris sans chercher,
Pour sûr.
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Tu l’as vite déniché.
C’est vrai que toi tu l’savais bien
Que mon coeur, j’l’avais sur la main. Mais comme je suis frivole,
J’ai un coeur d’artichaud.
Sous la brise il s’envole.
Je sais que c’n’est pas beau.
Les feuilles, une à une,
En les voyant tomber,
Pour comble d’infortune
Tu m’les as piétinées. Pour sûr
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Que mon coeur est en deuil.
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
J’ai pleuré sur mes feuilles.
J’n’y peux rien, j’ai l’âme trop généreuse
Et un coeur pour les familles nombreuses.
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
C’était clair comme du verre.
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Fallait voir à travers. T’es sourde ?
Mais toi tu m’as tout piétiné.
Tu m’en as fait du verre pilé. Toute ma raison s’égare.
J’enfante la douleur.
Quelle sensation bizarre,
Quand on a plus de coeur.
Ça me fait un grand vide
Et de mes deux beaux seins,
Je n’ai plus qu’un saint Placide
Et une marque à sein. Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
C’est l’histoire de mon coeur,
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Qui finit dans l’malheur.
Notre amour est une barque en détresse.
Va falloir lancer le S.O.S.
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Il fallait qu’ça arrive.
Pour sûr,
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Je vais à la dérive.
Adieu la vie et l’aventure (Parlé:) Oui mais heureusement… que Fluctuat nec mergitur aussi
Elle: Qu’est-ce que tu dis ?
Toi… si tu me r’dis « Qu’est-ce que tu dis ? »… J’vais finir par te l’dire… Tu vas voir…

Pour sûr interprété par Bourvil