Cardeusse…

il y a 10 ans

peinture huile le havre soluto

Aujourd’hui mon fils a 25 ans. Tandis que j’avais au téléphone ce fier gaillard à barbe noire pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, et que nous devisions, caustiques, sur la portion de monde que nous avons en commun, j’ai dessiné ce petit canard. Si c’est pas une calamité, tout de même, de s’attendrir ainsi dès qu’on a le moindre stylo en pogne et qu’on se croit à l’abri des regards…

Syndicalistes à l’aquarelle, rassemblement Hôtel de Ville du 26 mai 2016…

il y a 10 ans

Un syndicaliste ne doute pas. Il lutte pour garder ses chaines et exige d’être un esclave respecté. Il souffre, dit-il, de travailler si dur, dans un contexte aussi ingrat, mais il râle dès qu’on le prive d’activité, d’emploi, d’occupation. Il s’estime heureux d’être surexploité quand tant de copains ont été éjectés du manège. Tant qu’il court dans la roue il n’aspire qu’aux repos, aux congés, à la retraite. Quand il en descend, fatigué, il s’occupe du barbecue, garde ses petits-enfants, s’embringue dans des circuits touristiques et se torture pour trouver de quoi essorer sa mitraille.

On lui a seriné que toute sa dignité tenait dans la torture quotidienne qui lui brisait les reins, lui ulcérait l’estomac, lui ramollissait le bulbe et l’enferrait dans des stratégies dérisoires pour vendre chaque jour un peu plus d’inutile. Il tient à tout prix à la prison qu’on lui concède, se bat pour garder sa cellule et « lutte pour sa servitude comme s’il s’agissait de son salut ».

Il croit que ses maîtres sont méchants, fourbes, manipulateurs, qu’ils se liguent, s’organisent contre lui, exprès pour lui nuire. Il se prête, se donne beaucoup d’importance. Ses maîtres, de lui, n’ont que foutre ! Qu’ils vivent, qu’ils crèvent, même affaire. Ils sont ailleurs, pensifs, s’interrogent déjà sur la façon d’accroitre leurs pouvoirs et leurs dominations. Rien ne les fait mieux goder. Ils attendent plus ou moins patiemment que la rouscaille s’essouffle, que le grand tas beuglant, si frileux dans le détail, si terrifiant dans sa masse, redevienne la variable d’ajustement si chère à leur cœur.

Les maîtres pensent, tel Jean Yanne dans le sketch du permis de conduire : « Qu’est-ce qu’on perd comme temps en formalités … »

Ils rêvent à demain, comme les pauvres, et se distraient aussi (mais eux avec de vrais jouets) en attendant la grande moulinette qui nous éparpillera tous pour de bon et définitivement.

aquarelle portraits le havre soluto

Aquarelle 21 x29,7 cm
aquarelle portraits le havre solutoAquarelle 21 x29,7 cm

Quand le bonheur en passant vous fait signe et s’arrête….

il y a 10 ans

peinture huile le havre soluto

Ces bandeaux sont la rencontre de dessins épars, automatiques, trouvés dans mes carnets, et de bouts de textes (extraits de notes, de courriers, de journaux personnels). Pour l’instant je n’ai encore rien écrit, ou dessiné, « exprès ». Je ne me l’interdis pas. Un jour peut-être… Mais c’est pour l’instant le fortuit qui m’intéresse, le côté cadavre exquis sur deux niveaux.

Si la mise en couleur est numérique, la mise en disponibilité, en valeur, et en jambe sont on ne peut plus analogiques et aléatoires.