Grotesque n°1
Anita Karling…
Miss Labrèze…
Miss Madeleine Labrèze
L’école des garçons, la veille des vacances d’été. Il pense que ça devait être en 1967. En est-il sûr ? Il répond que oui, presque. Et alors ? Veut-il bien dire ce qui s’est passé en cette fin d’année ? Veut-il bien préciser un peu ? Il croit qu’il peut. Il faut lui arracher les mots avec un chausse-pied à celui-là! Bernardin contient son agacement. Il met les mains à plat sur le bureau, sourit et croit mêler à son sourire beaucoup d’empathie. En lui-même il pense : « va-t-il le cracher son secret à deux balles… » Il sourit encore, un peu plus fort, un peu plus mal. L’autre lève enfin la tête et, pas plus embarrassé que ça, se met à raconter :
— C’était la fin de l’année. De ma première année de grande école. Plus question de travailler. A l’époque il y avait une chanson qui faisait « au feu les cahiers… » Comme c’était l’usage, la veille des vacances, nous faisions des jeux dans
— Bon ! Ça va ! fit Bernardin. Ça va !… On a pigé !
Comme si Bernardin pouvait piger quelque chose… L’autre était redescendu d’un coup quarante ans en arrière. Il avait retrouvé sur fond d’odeur d’encre et de craie la douce chaleur de juin, la grande lumière d’été, la peau douce et salée de Labrèze…
La femme au loup et l’homme aux loupes…
Catherine et Thierry. Ils s’étaient rencontrés en première G3, à la rentrée 1977, dans un lycée technique du Pays de Bray. On les voyait toujours ensemble. Ils passaient les récrées à se lécher la trogne dans une salle bondée et aménagée pour les élèves où des trente-trois tours de Deep Purple, de Scorpions, de Tangerine Dream et de Yes tournaient inlassablement. Elle fumait des Camel, lui des Rothman rouges. En classe ils étaient fades et soumis mais ils s’étayaient l’un l’autre. Ils sont allés tant bien que mal jusqu’au baccalauréat, qu’ils ont eu au rattrapage avec le même nombre de points exactement. Elle a voulu faire une mauvaise école de commerce et s’est étalée. Lui a passé un concours et s’est retrouvé guichetier à
Maya fait le génie du relatif…
Allison Antwan…
Des gens ordinaires…



Alain Korkos…

Merci, Alain, d’avoir joué le jeu…
Loin de nos blogs plus ou moins narcissiques Alain Korkos nourrit la BoÎte à Images de billets stimulants qui nous invitent « à nous arrêter pour regarder les images autrement« … C’est cultivé, solide, fin et drôle… De plus ses fidèles commentateurs viennent régulièrement compléter les propos du maître des lieux par des remarques et des informations souvent pertinentes… Que demander de mieux?…
Patrick S

Patrick S a joué le jeu… Merci…

Voilà ce qu’Aby a
fait de moi… A force d’aller chercher les autres il fallait bien que ça
m’arrive aussi…
(parce que je sais l’effort, la tension, la vigilance et l’abandon qu’il
faut pour faire un portrait, merci Aby…)







