

« Dans les cordes »
« Dans les cordes », ce sont 4 histoires tournant autour du monde de la nuit, du jeu, du jazz, et du strip-tease. Dans chacune de ces histoires, un ou plusieurs personnages font face à un moment crucial de leur existence. Des marginaux, des laissés-pour-compte, musiciens ou barmen qui tentent de sauver ce qu’il leur reste de dignité. Chacun à leur façon, dans la violence ou le renoncement, dans le geste libérateur ou la pudeur masquée.
« Dans les cordes » convoque 4 auteurs en équilibre sur le fil rouge de cinq histoires écrites par un seul écrivain, Joseph Incardona, se passant chacune dans un lieu et une époque différentes. Ainsi, on remontera dans le temps : Liverpool (1992), Barcelone (1974), Bâton Rouge (1948), Gênes (1935). Le point de vue, le style de chaque auteur renforce l’univers propre à chaque histoire, l’unité de temps, de lieu et d’action étant éclatées pour mieux se reconstituer au travers d’un jeu de miroirs où chacun regarde l’autre, de façon à la fois indépendante et liée.
Dessins de Marc Moréno, Soluto, Julien Mariolle, Jérôme Presti…
Sortie en avril 2008 aux éditions Les Enfants Rouges

Un drôle de lascar qui savate à tout va, une teigne frustre qui n’entend rien, dont les yeux bleus, un peu bovins, crachent des éclairs quand ça barde… En voilà un qui, à seize ans, a déjà trois piges de sursis et une obligation de soins (il a fracassé un type qui lui a mis une petite tape à l’oreille un jour d’otite… Il a vu rouge, l’autre s’est retrouvé dans le comas avec des itt* à perte de vue…) Il a aussi décroché son pendu d’ancien beau-père et se prend des roustes par le tout nouveau, un gros gabarit qui lui écrase la face dans tous les coins de porte ! Il a une dent cassée en biais qui brille le samedi soir dans la lumière des spots du Fergusson Box, où il tente de lever des filles… Il dit que ça marche. Je ne me suis pas permis de mettre en doute sa parole…
*Interruption temporaire de travail

Marjorie, toute engluée dans le désir de sa mère, fait de jolies caprices de starlette… Elle touche à tout, n’écoute rien, ne comprend pas grand chose et tutoie tous les adultes. Sa mère pense avoir pondu-là une merveille incontestable. Pendant que je m’occupais de sa fille je l’ai autorisée, pour patienter et la faire taire, à farfouiller dans ma bibliothèque. Elle est tombée sur des images de Jake et Dinos. Mauvaise pioche. Je ne crois pas qu’elle viendra chercher, ni ne me paiera, le portrait de sa fille…