C’est lavabo, troisième porte, au fond du…

il y a 20 ans

Couloir, lavabo, tu voudrais que ça débouche sur quoi?

Ce soir je me souviens du "Play Blessures"
De la mansarde rue Jean-Jacques Rousseau
Du cosy-corner, du couvre-lit chenille jaune,
Des craven A  et des Gitanes fumées à la fenêtre
D’une paire de bottes Go-West à talons hauts
Des dessins de Jean Solé et de Gotlib dans Pilote,
De l’odeur du linoléum de la salle d’eau
De la première lecture de Pierrot mon ami
Et aussi de celles des Ritals et des Russkoff
De mon magnétophone à cassettes Telefunken en formica

Ce soir je m’autorise à penser au  "Play Blessures"
 car ma journée a été infiniment douce…

Jean Rustin…

il y a 20 ans


Certes, Jeannot l’a peint (le corps christique…) Euh pardon…

Des fois, je suis vache (hélas)… Voici ce que j’écrivais à une amie il y a quelques mois à propos de Jean Rustin… Je pense toujours la même chose. Pourtant il est évident qu’il est l’un des plus grands…

  J’ai beaucoup aimé Rustin. Je connais ce travail depuis très longtemps… Maintenant mon intérêt n’est plus aussi vif. Je n’ai rien contre l’obscène s’il est fondé, chez Rustin il est devenu systématique… il est à l’opposé du porno chic. Il en montre l’image inversée. Sa notoriété n’a pas joué en sa faveur. En surexposant cette œuvre, en la démultipliant, elle s’est banalisée pour finalement perdre sa charge subversive. Je préférais le temps où je le rangeais secrètement aux côtés de Molinier ou de Trouille, quand il était difficile d’en parler, quand l’évoquer supposait un effort… Maintenant il me semble que c’est fabriqué pour épater le bourgeois… Dans les années 80, ses toiles aux variations infinies provoquaient de la confusion, du trouble, de la hargne. Maintenant elles s’installent dans la répétition.

C’est une œuvre chronicisée, qui se ressasse, se vide. Vous me direz qu’il reste la peinture, magistrale mais sans surprise. Manet en peignant ses dernières fleurs (je parle de Manet car parfois l’on compare sa peinture à la sienne… faut pas être tout à fait au point…mais qu’importe…)  a su rester vif et foudroyant. Picasso, jusqu’au bout, s’est regardé en face (les derniers autoportraits dessinés, sublimes…) Le vieux Rustin, lui, n’est plus obsédé, ou obsédant, il est devenu obsessionnel… Dommage…