Des farces à maman…

il y a 15 ans


  

« On l’a vu refaire des farces à maman, lui acheter des fleurs coupées ou des fruits rares, la prendre dans ses bras pour la faire tourner très vite. Plus souvent qu’avant Suzanne et moi nous sommes retrouvé chez Rita…Ils se payaient des petites sorties en tête à tête, cinoche et restau, ou bien spectacle. Le soir il prenait le temps de s’asseoir au bord de notre lit et nous racontait des histoires fantaisistes pour nous faire rigoler. Un jour que nous étions à l’école il a changé tous les meubles de place… »

 

 

Quelques lignes retrouvées dans un carnet pour un texte dont j’avais sans doute le projet, mais dont j’ai perdu le souvenir, pour accompagner le dessin  d’aujourd’hui fait à partir d’une photo de mes parents en 1977…

 

 

 

 

 

 

 

 

Quoi?! Quoi?! Qu’est-ce qu’il dit?! Hein? Quoi?? Il dit quoi?… C’est dingue ça! On comprend ri’n à qu’est-ce qu’i’ dit!!!

il y a 15 ans


  Messieurs Lucien Képol et  Géronte Lefebvre, vendeurs d’avenirs à bas prix pour quelques uns qui n’en veulent pas…

Depuis que son corps devenu parfois embarrassant montre ses trahisons (pas assez beau, trop grand, trop petit, trop gras, peau enflammée et rougissante, pas assez conforme à la tyrannies des canons du moment), depuis que ses désirs, liés à sa sexuation, le contraignent à chercher de quoi se satisfaire dans une rencontre  toujours périlleuse avec l’autre, depuis qu’il sait que l’enfance, dont il est encore pleinement habité, est révolue, depuis qu’il accède au sentiment de finitude (que ce qui est aujourd’hui peut ne plus être demain), depuis qu’il a accès à une pensée douée d’abstraction et depuis que l’insécurité ambiante complète comme un écho ses propres questionnements existentiels (discours critique sur son orientation scolaire, sur ses performances, sur son projet professionnel et sur un avenir par définition incertain), le jeune sait trop bien que le monde des adultes, vers lequel il tend inexorablement, n’est pas la promesse d’épanouissement que voudraient bien lui vendre ses parents qui n’y croient plus beaucoup — ni non plus d’ailleurs la société toute entière qui l’attend et le redoute. En quelque sorte on ne lui refera pas le coup du père Noël…

A ses yeux, bien souvent, il n’y a plus vraiment de cadeaux à venir.


Renée…

il y a 15 ans


Grande, forte, teinte en acajou, les yeux soulignés de poches, c’était Renée, la doyenne de l’endroit. Ses lèvres, charnues et rouges, accentuaient la blancheur de sa denture puissante et remarquablement plantée. Elle portait une robe étroite, fendue sur le côté, qui se tendait sous la poussée des fesses.

 

Pierre V. Lesou (Coeur de Hareng  – 1958)


Retour…

il y a 15 ans


Ne vois-tu rien clignoter?

La ronde du chenillard peut-être?

Non? Si?

Contorsionne-toi mieux paresseux!!

Pas encore très assurée la voici pourtant qui semble revenir (de loin…)

Quoi donc? Mais ma co, mais ma co, mais ma connexion internet!


TIC et @dos….*

il y a 15 ans

TIC et @dos….   Technologie d’Information et de Communication…

Voici une illustration commise pour un colloque qui a eu lieu à Caen sur les ados et leurs rapports aux nouvelles technologies…

J’y suis allé…

C’était bien intéressant. Il y avait un philosophe, Eric Fiat,  qui n’a rien dit de neuf (toujours les mêmes rengaines… Les jeunes et leur rapport au temps, l’impérieux désir d’immédiateté, le temps qui ne prend plus le temps, le manque — par lequel tout advient— qui vient à manquer… Un petit couplet sans doute justifié sur l’atrophie du vocabulaire et par conséquent sur le rétrécissement de la pensée… Et comme le bonhomme était malin il nous a bien prévenu qu’il n’était pas réactionnaire, qu’il fallait lutter contre la tendance naturelle à la nostalgie du « c’était mieux avant  » — et de nous ressortir ce qui a été dit mille fois, à savoir que déjà le vieux Platon et le gars Sénèque se plaignaient d’une jeunesse qui partait à vau-l’eau…)  Bref un type habile, un tantinet séducteur, qui n’a dit que ce sur quoi tout le monde est  forcément d’accord. Mais qui l’a fait avec brio! ah oui… Fallait l’entendre imiter en nasillant le vieux Mitran « Il faut laisser le temps… au temps… » faire le Sarkoquick ou le Jean-Pierre Coffe… Un régal… Il m’est arrivé de m’ennuyer plus ferme au music-hall…

Et puis il y a eu Serge Tisseron (qui prenait drôlement bien la lumière dans son costume trop grand… l’était trop loin pour que je puisse bien le dessiner, mais j’aurais aimé peaufiner mes crobards… Il a un physique ce monsieur -là…) qui, en fin clinicien, a été formidable d’intelligence. Je l’avais entendu causer de Tintin, il y a quelques semaines, sur une émission de France-cul (avec l’exceptionnel Enthoven aux Nouveaux Chemins…) Je ne l’imaginais pas comme ça…  Sa prestation a été impeccable, riche et argumentée. Et l’on se dit que les adolescent en souffrance qui rencontrent un pédopsychiatre de cet accabit ne tombent pas dans de mauvaises mains… Je n’oserais ici dire mon unique réserve, qui concerne la manipulation des images… Mais un jour, Serge, si l’occasion se présente… (ah, si je savais imiter Drudru…)